La Société canadienne du cancer estime que le cancer colorectal sera le 3e cancer le plus fréquemment diagnostiqué au Canada en 2020 [1]. Un dépistage accru du cancer colorectal améliore le diagnostic précoce et le traitement de la maladie, mais le cancer colorectal demeure la deuxième cause de décès attribuables au cancer [1,2]. Le risque de cancer colorectal est principalement attribué à des facteurs liés au style de vie, notamment l’obésité, l’inactivité physique, une mauvaise alimentation, la consommation d’alcool et le tabagisme [3]. Une étude a estimé que 11 à 15 % des cas peut être attribuable à des expositions professionnelles [4]. Cependant, il n’y a pas de facteur de risque professionnel bien établi pour le cancer colorectal.
Possibles facteurs de risque professionnel
Les principaux risques professionnels du cancer colorectal dans le SSMP semblaient être liés à la transformation de minéraux et métaux, et à l’exploitation de mines et carrières. Un risque accru a également été observé chez les policiers, les pompiers, les conducteurs de camion et les conducteurs de bus. Les différences professionnelles dans les facteurs de style de vie peuvent jouer un rôle considérable dans les différences professionnelles observées quant au risque de cancer colorectal. Le travail sédentaire a été déterminé comme un facteur de risque du cancer colorectal, mais aucun risque excédentaire n’a été observé chez la plupart des travailleurs de bureau dans le SSMP. L’exposition non professionnelle à des rayonnements ionisants est un facteur de risque du cancer colorectal. Une augmentation du risque de 13 % a été observée chez les technologues et techniciens en radiologie dans le SSMP, mais le nombre de travailleurs employés dans des professions et industries les exposant à ces rayonnements est relativement faible.
Les travailleurs du secteur de la transformation des minéraux et métaux peuvent être exposés à une variété de poussières, émanations et autres substances, notamment l’amiante, qui peuvent contribuer au risque excédentaire de cancer colorectal observé.
Les mineurs peuvent être exposés à des rayonnements ionisants, ce qui pourrait contribuer au risque de cancer colorectal. Aucun risque excédentaire n’a été observé chez les mineurs d’uranium. Les mesures de protection en vigueur dans les mines d’uranium peuvent protéger les mineurs de manière plus efficace que dans les autres types de mines [8]. De plus, l’exposition à l’amiante peut être un facteur de risque chez certains mineurs, cependant, trop peu de cas ont été observés chez les mineurs d’amiante dans le SSMP pour pouvoir examiner cette association chez les mineurs ayant le risque d’exposition le plus élevé.
*principalement des mineurs de nickel
Les travailleurs de ce groupe peuvent être exposés aux gaz d’échappement des moteurs diesel, qui constitue un facteur de risque possible de cancer colorectal.
Le travail de quart de nuit peut être un facteur de risque de cancer colorectal pour les pompiers et les policiers. Les pompiers peuvent être exposés à de l’amiante dans les vieux bâtiments [9, 10], ce qui peut contribuer au risque accru de cancer colorectal observé dans ce groupe.
Les facteurs de risque professionnels du cancer colorectal pour les travailleurs du secteur des transports peuvent comprendre le travail sédentaire, le travail de quart de nuit et l’exposition aux gaz d’échappement des moteurs diesel.
Des risques excédentaires ont été observés au sein de plusieurs autres groupes professionnels dans le SSMP. Le risque excédentaire chez les préposés de station-service peut être lié à l’exposition aux gaz d’échappement des moteurs diesel, mais on ne connaît pas bien les risques professionnels de cancer colorectal au sein de la plupart de ces groupes. Les différences professionnelles liées au tabagisme peuvent constituer un facteur. L’exposition aux rayonnements ionisants est le seul facteur de risque professionnel connu pour le cancer colorectal, et un risque accru modeste a été observé chez les technologues et techniciens en radiologie dans le SSMP, un petit groupe comptant seulement 10 cas.
Figure 1. Risque de diagnostic de cancer colorectal chez les travailleurs employés dans chaque groupe d’industries par rapport à tous les autres, Système de surveillance des maladies professionnelles (SSMP), 1999-2016
Pour obtenir le rapport de risque, on divise l’estimation du temps moyen nécessaire pour diagnostiquer la maladie chez les travailleurs de chaque groupe d’industries/professionnel par celui nécessaire pour diagnostiquer la maladie chez tous les autres groupes pendant la période de l’étude. Les rapports de risque supérieurs à 1,00 indiquent un risque accru de développer la maladie dans un groupe donné par rapport à tous les autres. Les estimations sont ajustées par année de naissance et par sexe. La largeur de l’intervalle de confiance (IC) de 95 % est fondée sur le nombre de cas dans chaque groupe (plus il y a de cas, plus l’intervalle est étroit).
Figure 2. Risque de diagnostic de cancer colorectal chez les travailleurs employés dans chaque groupe professionnel par rapport à tous les autres, Système de surveillance des maladies professionnelles (SSMP), 1999-2016