L’infarctus aigu du myocarde (IAM) est le terme médical désignant une crise cardiaque, qui se produit lorsqu’un caillot sanguin se forme autour de la plaque dans les artères, bloquant l’approvisionnement en sang du cœur [1]. On compte environ 200 crises cardiaques pour 100 000 adultes de plus de 20 ans au Canada chaque année [2]. Le risque d’IAM est principalement attribué à des facteurs liés au style de vie, comme le tabagisme, la mauvaise alimentation, la consommation d’alcool, l’obésité, l’inactivité physique, et la consommation de drogues [3]. Les données relatives aux facteurs de risque professionnels pour l’IAM sont variables, mais certains métiers semblent être associés à un risque accru de troubles cardiovasculaires [4].
Possibles facteurs de risque professionnels [5-10]
Près de 25 000 cas d’IAM ont été diagnostiqués chez les travailleurs répertoriés dans le SSMP entre 2007 et 2016. Un risque accru d’IAM a été associé à l’emploi dans une grande variété de groupes professionnels du SSMP. Cela reflète la variété de facteurs de risque professionnels. Des études supplémentaires sont nécessaires pour déterminer quels dangers liés à l’emploi peuvent contribuer à ces risques excédentaires.
En général, le risque d’IAM était plus élevé chez les ouvriers que chez les employés, et les risques les plus constamment élevés ont été observés chez les travailleurs dans les industries et groupes professionnels liés à l’exploitation forestière et la production de bois et le secteur minier, avec des risques accrus dans certains secteurs de la construction et groupes de traitement de textile.
Malgré l’exposition au stress psychosocial et au travail par quarts, l’emploi dans certaines professions de services de protection comme les pompiers et les policiers était associé à un risque réduit d’IAM. Le risque réduit observé pour ces travailleurs peut refléter les strictes exigences en matière de santé imposées dans l’ensemble de ces professions. Un autre facteur pourrait être que les travailleurs ayant reçu une indemnisation relative à un IAM étaient exclus de cette analyse. L’association estimée par notre approche pourrait donc sous-estimer le risque réel.
Les risques excédentaires les plus constants pour l’IAM dans la cohorte du SSMP étaient observés chez les travailleurs dans l’industrie et les groupes professionnels liés au bois et à la transformation du bois. Ces travailleurs pourraient être exposés à une variété de facteurs de risque associés à l’IAM, notamment le bruit, le stress et les vibrations. L’inhalation de poussières de bois peut provoquer une irritation et des réponses inflammatoires qui pourraient contribuer au développement de maladies cardiovasculaires [11]. Un risque accru d’IAM lié à l’exposition élevée au bruit a été constaté chez les travailleurs des scieries de Colombie-Britannique [9]. Un risque accru d’IAM a également été observé au sein d’une cohorte de travailleurs d’une usine de pâte et papier suédoise [12], et attribué à une combinaison de facteurs d’exposition professionnels, y compris la poussière, les composés du soufre, le travail par quarts et le bruit.
Foresterie et exploitation forestière
Fabrication de produits de bois
Pâte et papier
Des risques accrus d’infarctus aigu du myocarde et autres troubles cardiovasculaires ont déjà été observés chez les travailleurs du secteur minier, avec des liens potentiels avec une exposition à des niveaux de bruit [13,14], de vibration [15] et de radon élevés, particulièrement chez les travailleurs des mines d’uranium [16]. Le gaz d’échappement des moteurs au diesel, une exposition courante dans le secteur minier, est aussi une cause potentielle d’événements cardiovasculaires aigus [17]. Bien que des risques accrus aient été observés chez certains travailleurs du secteur minier, les risques au sein des groupes professionnels travaillant dans les mines et les carrières n’étaient généralement que légèrement accrus.
Les ouvriers de la construction sont exposés à des niveaux élevés de bruit [18] et de vibration au travail. Les ouvriers de la construction peuvent aussi être exposés à de la poussière de silice cristalline et aux gaz d’’échappement des moteurs diesel. Dans le SSMP, le risque accru d’IAM était le plus important chez les travailleurs qui menaient des activités d’excavation, de terrassement et de pavage, qui sont exposés à une variété de facteurs de risque professionnels pour l’IAM.
Un risque accru d’IAM a été observé chez les travailleurs employés dans les industries de fabrication de cuir et de textile et les professions assimilées. Il existe peu de données probantes concernant les facteurs de risque d’IAM de ces travailleurs, mais les expositions à des poussières de textile [19] et à une endotoxine bactérienne [20] ont déjà été suggérées.
Un risque d’IAM accru a été observé chez les travailleurs du SSMP employés dans le secteur de la fabrication de produits en caoutchouc et en plastique. Les stabilisants pour plastique comprennent souvent du cadmium, dont on a avancé qu’il accroît le risque d’IAM par le biais de l’athérosclérose [21]. Une étude de cohorte sur des travailleurs d’usine de caoutchouc britannique a révélé un risque accru de décès attribuables à des troubles cardiovasculaires associés à l’exposition combinée à la 4-nitrosomorpholine, aux poussières de caoutchouc, aux émanations de caoutchouc et aux N-nitrosamines [22].
Un risque excédentaire d’IAM a été détecté dans le SSMP chez divers groupes professionnels, ce qui reflète probablement les nombreux facteurs de risque de maladies cardiovasculaires, notamment les facteurs liés au milieu de travail et au style de vie.
Pour de plus amples détails : Troke, N, Logar‐Henderson, C, DeBono, N, et coll. Incidence of acute myocardial infarction in the workforce: findings from the Occupational Disease Surveillance System. Am J Ind Med. 2021; 1– 20. https://doi.org/10.1002/ajim.23241
Figure 1. Risque de diagnostic de l’infarctus aigu du myocarde chez les travailleurs employés dans chaque groupe d’industries par rapport à tous les autres, Système de surveillance des maladies professionnelles (SSMP), 1999-2016
Pour obtenir le rapport de risque, on divise l’estimation du temps moyen nécessaire pour diagnostiquer la maladie chez les travailleurs de chaque groupe d’industries/professionnel par celui nécessaire pour diagnostiquer la maladie chez tous les autres groupes pendant la période de l’étude. Les rapports de risque supérieurs à 1,00 indiquent un risque accru de développer la maladie dans un groupe donné par rapport à tous les autres. Les estimations sont ajustées par année de naissance et par sexe. La largeur de l’intervalle de confiance (IC) de 95 % est fondée sur le nombre de cas dans chaque groupe (plus il y a de cas, plus l’intervalle est étroit).
Figure 2. Risque de diagnostic de l’infarctus aigu du myocarde chez les travailleurs employés dans chaque groupe professionnel par rapport à tous les autres, Système de surveillance des maladies professionnelles (SSMP), 1999-2016
Veuillez noter que nos résultats peuvent différer de celles que nous avons publiés ou présentés. Cela peut être attribuer aux définitions que nous utilisons pour identifier les cas, aux approches méthodologiques et le suivi en cours de la cohort dans le système de surveillance.